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Brèves de juillet 2014

L’été en toutes lettres

Des festivals, des lectures, des rencontres, mais aussi, hélas, des deuils… De nouvelles informations pour feuilleter l’été.



Décès de Charles Dobzynski

Charles Dobzynski nous a quittés le 29 septembre 2014 à l’âge de 85 ans (Il sera inhumé le vendredi 3 octobre à partir de 15h15 au cimetière nouveau de Vincennes, 296, Avenue Victor Hugo 94120 Fontenay-sous –Bois).
Né à Varsovie en 1929, Charles Dobynski a quitté très jeune la Pologne pour se réfugier en France avec sa famille afin de fuir les persécutions nazies. Empoigné précocement par le démon de la poésie, il est à peine âgé de vingt ans lorsqu’il se voit adoubé par Eluard qui publie ses premiers poèmes dans les mythiques Lettres françaises, puis par Aragon qui l’engagera dans le magazine en tant que critique de cinéma sous le pseudonyme de Capdenac de 1959 à 1972.
Dès 1951, il publie chez Seghers son premier recueil de poésie, « Notre amour est pour demain » . Se succèderont jusqu’à aujourd’hui – soit plus de soixante années de création ininterrompue – plus d’une vingtaine de recueils de poésie, des récits, des traductions inspirées de Hikmet, Rilke, Ritsos.
Ajoutons à cela un corpus considérable d’essais et de recensions des œuvres poétiques du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui, dans la revue Europe dont il devint le rédacteur en chef à partir de 1972 et parallèlement durant neuf ans dans le magazine mensuel Aujourd’hui poème. Il a reçu en 1992 le prix Max Jacob pour son recueil « La vie est un orchestre » paru en 1991 chez Belfond.
Un dossier lui est consacré sur texture, avec des articles de Bernard Mazo et Françoise Siri. Voir ici



Les journées culturelles franco-algériennes de Toulouse

Les journées culturelles franco-algériennes de Toulouse se dérouleront du 7 au 23 octobre.
Mardi 7 octobre (Espace des diversités et de la laïcité) à 18h30, conférence « Les sciences en Occident musulman » (Andalus et Maghreb du IXe au XVIIIe s.) avec Ahmed Djebbar, historien des sciences et des mathématiques.
Mercredi 8 octobre (Espace des diversités et de la laïcité) à à 18h30, Conférence « Histoire culturelle de l’immigration en France » avec Naïma Yahi, historienne.
Vendredi 10 octobre (Espace des diversités et de la laïcité) à 18h30, hommage au dramaturge algérien Abdelkader Alloula. Conférence et lecture de textes avec Nouredine Saadi, écrivain, Abdelmadjid Kaouah journaliste-poète et Abdelkader Bouteldja, témoin. Lecture : Danièle Catala et Liès Kaouah.
Lundi 13 octobre (Maison de quartier de Bagatelle) à 18h30, conférence sur Abdelkrim Khattabi, héros marocain, avec Amar Belkhodja, historien, spécialiste du Maghreb.
Mardi 14 octobre (Librairie Floury) à 18h30, table ronde « Littérature et mémoire : récits des deux rives ». Avec Anne Plantagenet romancière, Michel Baglin écrivain, Adelmadjid Kaouah et Amar Belkhodja historien-poète.
Mercredi 15 octobre (Espace des diversités et de la laïcité) à 18h30. Conférence sur la laïcité aujourd’hui en France, enjeux, controverses, avec Henri Ruiz-Pena, philosophe auteur du « Dictionnaire amoureux de la laïcité ».
Jeudi 16 octobre (Librairie « La Renaissance ») à 18h30. Conférence « l’Algérie 50 ans après l’indépendance. Développement, démocratie, libertés, état des lieux et perspectives ». Avec Nacer Djabi, sociologueet Abdelkader Bouteldja, président d’une ONG algérienne.
Lundi 20 octobre (Cinéma Utopia Toulouse) à 20 h. Projection du film « Caricaturiste, fantassins de la démocratie » En présence de Slim, bédéiste et pionnier de la caricature algérienne.
Mardi 21 octobre (Librairie BD Fugue) à 19 h. Rencontre avec Slim, échanges, dédicace, exposition de dessins de l’auteur.



« L’Autan des nouvellistes » à Flourens

« L’Autan des nouvellistes » − recueil réunissant dix-sept écrivains toulousains amoureux de l’histoire courte et publié par L’Atelier du Gué (voir ci dessous) – a repris sa route. Après la rencontre-lecture avec Michel Baglin le 23 septembre à la Médiathèque de Castelnaudary (Aude), c’est à Flourens (31) qu’on retrouvera ces textes et ces auteurs ce 26 septembre, à la salle des Fêtes à 18h30, pour une création musicale adaptée du recueil collectif. par la Compagnie Les Cyranoïaques.

Rompue à l’exercice de l’adaptation littéraire, la Cie Les Cyranoiaques se frotte, pour ce nouveau spectacle, à l’écriture des dix-sept auteurs. Dix-sept plumes et autant d’atmosphères, de paysages et d’intrigues à découvrir dans un format original : après découverte de 17 extraits significatifs et alléchants accompagnés au piano de chaque nouvelle, les spectateurs sont invités à faire part de leur « bande-annonce » préférée.

Renseignements et inscriptions : 05 61 83 60 19. accueil-mairie@flourens.fr

« L’Autan des nouvellistes » : dix-sept écrivains toulousains

Il manque quelques noms, certes, mais pour l’essentiel, les auteurs de Toulouse sont réunis dans ce recueil, « L’Autan des nouvellistes » , soit dix-sept écrivains amoureux de l’histoire courte. L’initiative en revient à l’Atelier du Gué, éditeur spécialisé dans la nouvelle et qui publie depuis de nombreuses décennies la revue Brèves, la plus importante en France consacrée à ce genre littéraire.
Ce genre, souvent considéré comme majeur (chez les Anglo-Saxons notamment) et paradoxalement assez mal connu au pays de Mérimée et Maupassant, offre aux écrivains une grande liberté et autorise bien des inventions formelles, qui a leur tour ouvrent des pistes à l’imagination.
Les auteurs de collectif, aux styles très divers, ne manquent pas de les emprunter. Mouloud Akkouche, par exemple qui prend prétexte de voix entendues par son héroïne pour investiguer le passé. Ou Jean-Jacques Marimbert qui réinvente les fantômes pour sonder les profondeurs de la détresse secrète. Cela peut être tragique, comme cet enfermement dans la lecture d’une femme condamnée raconté par Emmanuelle Urien, ou cette autre fin de vie brutale et poignante mise en scène par Frédérique Martin. Cela peut être beaucoup plus léger, voire facétieux dans le style de Julien Campredon. Relever du huis-clos avec Manu Causse ou nous entrainer dans un maquis de plein vent de Sardaigne ou de Corse avec Serge Pey et Michel Baglin. La nouvelle d’anticipation offre une lecture politique rétrospective de nos travers avec Alain Leygonie, l’histoire et l’Espagne franquiste s’invitent avec Francis Pornon, tandis que Jan Thirion ou Magali Duru nous proposent des ambiances plus noires ou polardeuses et qu’Hélène Duffau, à travers l’évocation d’une échauffourée entre marginaux, laisse deviner un désarroi plus vaste, celui d’une société.
Dans ces moments suspendus, le sens d’une vie se dévoile souvent (Didier Goupil), un bref épisode échangiste peut par exemple en dire plus long qu’il n’y paraît (Brice Torrecillas), ou la scène d’une destruction de photos raconter un désastre intime (Marie-Josée Bertaux). Le sens de la chute, souvent l’apanage de la nouvelle, ne manque pas à ces auteurs, comme nous le prouve encore Alain Monnier et sa « trace de l’ange » qui prend toute sa force dans les dernières lignes.
Certaines de ces histoires courtes se déroulent à Toulouse, d’autres dans la région, mais même situées ailleurs, le plus souvent s’y rattachent. Peu importe d’ailleurs où l’on situe le drame, la tranche de vie réaliste, la scène onirique ou le tableau, pourvu qu’on découvre dans ces pages assez d’universalité pour s’y retrouver en pays de connaissance.

(« L’Autan des nouvellistes, dix-sept écrivains toulousains ». Atelier du Gué. 234 pages. 20 euros)



Le prix Poésyvelines à Paul de Brancion

Paul de Brancion a reçu le prix Poésyvelines 2014 pour « Qui s’oppose à l’Angkar est un cadavre » paru aux éditions Lanskine. Voyage dans le Cambodge d’aujourd’hui pas encore – à peine – sorti de son passé, ce texte poétique – suivi d’un livret d’opéra – s’affronte à l’incarcération, la torture, l’enfermement. Il traite des crimes contre l’humanité perpétrés par les Khmers rouges : souffrances qu’un peuple s’est infligé à lui-même. Le prix de poésie contemporaine Poésyvelines du Conseil général des Yvelines est remis depuis 11 ans par un jury professionnel composé d’élus, de bibliothécaires, enseignants, artistes, poètes....


« L’Autan des nouvellistes » à Castelnaudary

« L’Autan des nouvellistes » − recueil réunissant dix-sept écrivains toulousains amoureux de l’histoire courte et publié par L’Atelier du Gué (voir ci-dessous) – a repris sa route pour la rentrée.

Il soufflera à Castelnaudary (Aude) le mardi 23 septembre à 20 heures, à la Médiathèque Georges Canguilhem (8 rue du Commandant Raynal. 11400 Castelnaudary. Tél : 04 68 94 58 49) avec pour invité Michel Baglin, auteur de près d’une trentaine de livres et aussi de l’une des nouvelles de ce recueil, qui dialoguera avec Martine et Daniel Delort, les éditeurs, et Anne Mazin, la bibliothécaire.

Le 26 septembre, c’est à Flourens, à la salle des Fêtes à 18h30, que sera donnée une lecture montée par la Compagnie Les Cyranoïaques autour du recueil.



Les rencontres de Polars sur Garonne

L’association toulousaine Polars sur Garonne a vu le jour en février 2014. Présidée par Ida Mesplède, (Claude Mesplède est le conseiller littéraire de l’association), elle a pour ambition d’agir tout au long de l’année pour mieux faire connaître les littératures policières sur la région Midi-Pyrénées. Après un débat avec Vincent Platini à la librairie Floury de Toulouse (autour de son livre « Krimi ou le roman policier sous le IIIè Reich ») et en juillet une rencontre à Ombres Blanches avec Hervé Le Corre pour son roman « Après la guerre », la initiative aura lieu dans le cadre du Festival International du Film Grolandais de Toulouse qui accueille Polars sur Garonne à cette occasion, le samedi 20 septembre à partir de 14 heures dans la cour de l’ESAV, rue du Taur. Il s’agira d’une rencontre littéraire avec Patrick Raynal (auteur, traducteur et ancien directeur de la Série Noire), Jean-Bernard Pouy (auteur et scénariste), Nicolas Mathieu (son premier roman « Aux animaux la guerre » est paru à Actes Sud), Éric Maravelias (autre révélation 2014 avec « La Faux Soyeuse »).



Lauzerte (82) fait « Place aux Nouvelles »

Place aux Nouvelles est un festival qui réunit chaque année, en septembre, à Lauzerte, une trentaine de nouvellistes, auteurs de BD et éditeurs, sur la très belle place des Cornières de cette superbe bastide du Tarn et Garonne. La neuvième édition se déroulera le samedi 13 septembre et le dimanche 14 septembre.
On aura donc tout un week-end pour parler littérature avec des auteurs, des dessinateurs, écouter des lectures ou participer à l’atelier d’écriture. Cette année, deux auteurs coréens, Madame Oh Jung-Hi et Monsieur Lee Seung-U, auteurs coréens publiés chez Serge Safran, seront les invités d’honneur.
Lauzerte, c’est aussi le Prix Place aux nouvelles. Voici les cinq recueils sélectionnés pour 2014 : Le Joker d’Hélène Jousse (Quadrature), Le Métier de la neige de Michel Lambert (Pierre-Guillaume de Roux), Les Dames du Chemin de Maryline Martin (Glyphe), Suzanne aux yeux noirs de Manon Moreau (Delphine Montalant), La Table du Pacha d’Hélène Tayon (Les ardents éditeurs).
Lauzerte, c’est enfin le Prix Jeunesse de la Nouvelle. Cinq nouvelles sont en compétition, sélectionnées par les professeurs du collège de Lauzerte. Un livret reproduisant ces cinq nouvelles sera distribué dans les établissements scolaires de Tarn-et-Garonne. Des urnes seront mises à disposition pour recueillir le vote des élèves. Les nouvelles sont les suivantes : « Noël au bout du quai » de Michel Baglin, « La Tache » de Patrick Dupuis, « Du bleu dans le rose » de Françoise Guérin, « L’arbre aux oiseaux » de Corine Pourtau et « Zone de silence » d’Emmanuelle Urien.

Programme
samedi 13 septembre 2014. De 15 à 19 heures : dédicaces sur la place des Cornières. 16 h : atelier pour les 8-15 ans : « Invent’ ta couv’ » animé par Françoise Guérin. 17h : rencontre-débat avec les deux écrivains coréens.
dimanche 14 septembre 2014. De 11 à 18h30 : dédicaces sur la place des Cornières. 12h : apéro/débat avec les auteurs de b.d. « courtes » présents. De 14h30 à 18h15 : lectures en continu dans le jardin de la médiathèque et dans le jardin Espace Points de vue. 15h : atelier d’écriture, ouvert à tous, animé par Françoise Guérin. 15h : débat sur la nouvelle avec 4 auteurs animé par Christine Lacan. 16h : réunion à la mairie du jury du Prix Place aux Nouvelles – Lauzerte 2014. 16 h : rencontre avec les deux auteurs coréens. 17h : débat sur la nouvelle avec 4 auteurs animé par Christine Lacan. 18h30 : hommage à Pierre Autin-Grenier. 19 h : apéritif de clôture offert par la mairie. Annonce Prix Place aux Nouvelles et Prix Jeunesse de la nouvelle – Lauzerte 2014.

Pour en savoir plus et lire les nouvelles sélectionnées : cliquer ici



Hélène Cadou nous a quittés

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Hélène et René-Guy Cadou

Hélène Cadou s’est éteinte le samedi 21 juin, à l’aube de l’été. D’aucuns diront qu’elle a rejoint René-Guy. Elle, y croyait. Nous, nous lui souhaitons. En tous cas, ceux qui l’ont rencontrée, comme j’en ai eu la chance il y a quelques années, ne peuvent oublier son sourire. Ceux qui l’ont lue, ceux qui ont entendu ses poèmes mis en musique et chantés par Martine Caplanne ou Môrice Benin, entre autres, la garderont au cœur.

Voir le dossier



12ème Festival DécOUVRIR

Le 12ème Festival DécOUVRIR de Concèze aura lieu du 12 au 18 août prochains. C’est un Festival qui ne ressemble à aucun autre, avec chaque soir sur scène des poètes et des chanteurs, et certains soirs des comédiens. « Croiser poésie et chanson, univers et styles, dans un esprit d’ouverture et de découverte » tel est le propos du Festival qui se déroule à Concèze (en Corrèze, entre Juillac et Pompadour), chaque été, à l’initiative de Matthias Vincenot. En ayant été l’invité il y a quelques années, je peux témoigner que l’ambiance y est chaleureuse, la musique et la poésie omniprésentes et que le public y est nombreux. L’entrée est libre, les soirées ont lieu à 20h30 et se déroulent dans la Salle du Foyer rural. Renseignements : poesiechanson@yahoo.fr / 05 55 25 61 51 / 06 60 26 68 00
Beaucoup d’invités de qualité encore pour cette 12 e édition, dont on trouvera la liste avec le programme complet sur le site http://www.festivaldecouvrir.com/
Poète amoureux de la chanson, Matthias Vincenot vient de publier une étude, « Le mot et la note » sur « poésie et chanson, un cousinage compliqué », aux éditions de l’Amandier (454 pages. 22 euros)



Sète : Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée

La prochaine édition du Festival Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée aura lieu à Sète du 18 - 26 juillet 2014. Elle proposera plus de 650 rencontres poétiques et musicales, au rythme de plus de 60 rendez-vous quotidiens dans des jardins, publics ou privés, sur les places, dans les rues elles-mêmes transformées pour quelques jours en jardins, sur le brise-lames, au Théâtre de la Mer, en bateau….
Elle accueillera plus de cent poètes venus de toutes les Méditerranée : les Méditerranée africaine, des Balkans, latine, orientale, et la Méditerranée dans le monde (d’outre-Atlantique, d’Afrique ou de la francophonie). Ils seront entourés de nombreux artistes, conteurs, musiciens, chanteurs, comédiens, plasticiens qui offriront avec eux une approche plurielle de la parole poétique.
L’ouverture du Festival aura lieu le vendredi 18 juillet à 21h30 dans le jardin du Château d’eau avec le spectacle Poésicales 2014, une création du Festival réunissant de nombreux poètes et artistes invités, mêlant musique des voix et des langues en une grande fête de la poésie.
La sélection des auteurs invités permet d’accueillir à Sète les grands noms et les voix émergentes de la poésie méditerranéenne, représentatifs de toutes les tendances de la poésie contemporaine. Les lectures, rencontres et spectacles poétiques et musicaux sont d’accès gratuit. Seuls les spectacles au Théâtre de la Mer et au Jardin du Château d’Eau sont payants.



Décès de Pierre Autin-Grenier

Je le savais malade, mais comme toujours la mort malgré tout nous surprend quand elle survient… C’est en Algérie que j’ai reçu le message de François de Cornière : Pierre Autin-Grenier venait de nous quitter, ce samedi 12 avril au matin, à Lyon et au terme d’une longue lutte contre le cancer.
Pierre était un ami de très longue date, rencontré grâce à Henri Heurtebise qui le publia le premier. Nous nous retrouvions ici ou là, à Toulouse ou à Carpentras, à Caen aussi, pour les Rencontres pour lire, à Montauban, ou à Lauzerte sur la place aux nouvelles… Le chablis animait souvent nos conversations, et je lisais bien sûr tous ses livres. On trouvera ici de nombreuses critiques, que j’ai signées, mais aussi des articles de Jacques Morin, Georges Cathalo et quelques autres parmi ses nombreux admirateurs.
Ainsi que l’hommage de François de Cornière, à lire ici.

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Pierre Autin-Grenier avec Jean-Jacques Marimbert et Michel Baglin, à Carpentras, été 2000

Autin-Grenier est un styliste. Le poète de « Jours anciens », d’« Histoires secrètes » , le nouvelliste de « L’Ange au gilet rouge », depuis longtemps glissait vers le récit. Son entrée chez Gallimard (L’Arpenteur) n’a fait que confirmer cette tendance avec la publication en 1993 de « Je ne suis pas un héros », puis d’une suite de textes brefs, « Toute une vie bien ratée » (1997), de « L’éternité est inutile » (2002), etc. Tout le charme de son écriture, qui fait du désespoir existentiel son carburant et de l’ironie son arme défensive, est celui d’un pince-sans-rire jouant de la dérision comme d’un révélateur, pour nous donner des nouvelles du temps qu’il fait dans nos têtes et nos vies. Jubilatoire à force de noirceurs, ce chantre de la paresse et du farniente sous le crachin, ce « petit poète blanc qui aurait préféré être un grand nègre » nourrit ainsi paradoxalement la révolte de son lecteur contre tout ce qui a « un chiffon effiloché dans la tête et rien d’autre pour rêver ».



samedi 20 septembre 2014, par Michel Baglin

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La dernière fugue de Jean-Claude Pirotte

L’écrivain et poète belge Jean-Claude Pirotte est mort samedi, le 24 mai 2014, des suites d’un cancer à l’âge de 74 ans. Fugues et cavale l’ont fait traverser « l’éternel paysage du désenchantement pur » au cours d’une vie aux multiples facettes, dont celle d’un poète et romancier de grand talent qui aimait à brouiller les pistes.

Texture lui a consacré plusieurs articles constituant un dossier, ici .

On lira également l’excellent article de Jacques Décréau sur le site La Pierre et le sel,ici

Salut à Jean-Claude Pirotte

Lucien Wasselin lui rend hommage :
" Le temps n’est pas seulement à la pluie, il est aussi à la mort. Après Pierre Autin-Grenier, c’est Jean-Claude Pirotte qui vient de nous laisser ; désemparés. En 2011, j’avais ouvert un dossier à lui consacré dans Texture, que j’avais alimenté jusqu’en octobre dernier avec une note de lecture sur "Brouillard", son roman autobiographique… Je le savais malade, il me l’avait dit dans une de ses lettres. Puis, le silence s’était installé, il ne me répondait plus, je ne recevais plus ces missives dont l’enveloppe, à chaque fois, était enluminée. C’est fini, le facteur ne déposera plus dans ma boîte aux lettres ces petits trésors qui éclairaient singulièrement la journée. Je n’ai pas le courage de les reprendre aujourd’hui. J’imagine le combat qu’il a mené contre le crabe, je peux juste me verser un verre de vin… Dans "Brouillard", l’auteur Pirotte attribuait un cancer à son narrateur qui lui ressemblait étrangement… Mais le récit restait marqué par une grande désinvolture assez étonnante. Nous restent aujourd’hui les livres de Jean-Claude Pirotte. Et reste à vivre "entouré de livres" car "c’est la compagnie rêvée". Pirotte a vécu son rêve et rêvé sa vie. C’est ce que je vais faire, juré, craché dans mon verre de vin !"

Lucien Wasselin


La sélection pour le prix Mallarmé

L’Académie Mallarmé communique se première sélection en vue du prix Mallarmé qui sera décerné lors de la Foire du Livre de Brive, début novembre. Je la diffuse avec d’autant plus de plaisir que j’ai le bonheur d’y voir figurer mon dernier recueil, Un présent qui s’absente. Au 30 avril les livres retenus sont :
Michel BAGLIN : Un présent qui s’absente, Bruno Doucey. Alain BRETON : Les Éperons d’Éden : Les Hommes sans Épaules éditions. Roger DEXTRE : Œuvres poétiques, deux volumes, La rumeur libre. Réginald GAILLARD : L’attente de la tour, Ad Solem. Hubert HADDAD : La Verseuse du matin, Dumerchez. Philippe LEKEUCHE : Le Jour avant le jour, Le Taillis Pré. Jean MAISON : Le Boulier cosmique, Ad Solem. Robert NEDELEC : Quatre-vingts entames en nu, Jacques Brémond. Stéphane SANGRAL : Ombre à n dimensions, Galilée. Muriel STUCKEL : L’Insoupçonnée ou presque, Voix d’encre.
Le Prix Mallarmé, décerné depuis 1937, récompense un poète d’expression française pour un recueil publié entre le 1er octobre de l’année précédente et le 1er octobre de l’année en cours, ou pour l’ensemble de son œuvre publié dans les mêmes délais. Les anthologies personnelles ne sont pas prises en compte.
Siège social : Hôtel de Massa, 38, rue du Faubourg Saint-Jacques, 75014 Paris, France Courriel : sg-academiemallarme@orange.fr



Prix SGDL à Robert Nédélec

Le grand prix de poésie de la Société des Gens de lettres à Paris
a été attribué à Robert Nédélec pour l’ensemble de son œuvre, suite à la parution de « Quatre-vingt entames en nu » aux éditions Jacques Brémond pendant l’hiver 2013-2014. La remise officielle du Prix sera effectuée dans les salons de la Société des Gens de Lettres à l’Hôtel de Massa à PARIS (14e) le 18 juin 2014 à 18h30.


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