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Pierre Perrin

« La porte et autres poèmes »

Avec ce recueil paru aux éditions Possibles, Pierre Perrin propose un choix de poèmes en prose extraits de deux de ses recueils, « La vie crépusculaire » (Cheyne éd. 1996) et « Des jours de pleine terre » (encore inédit).



Avec ce recueil paru aux éditions Possibles, Pierre Perrin propose un choix de poèmes en prose extraits de deux de ses recueils, « La vie crépusculaire » (Cheyne éd. 1996) et « Des jours de pleine terre » (encore inédit).


J’ai déjà évoqué le premier (ici), les vingt poèmes choisis parmi les inédits sont de même veine, ou plutôt de même glèbe : incarnés, ancrés dans le monde, la joie et la souffrance des êtres (hommes et bêtes). Des textes puissants, qui reviennent sur l’enfance (« La peur sur les rochers, le souci dans la ferme, la cécité partout aident mal à pousser droit »), brossent des tableaux rustiques (« La casquette facétieuse, les mains nouées sur le manche de fourche – une nuit sans lune, la chasse fermée, il a dépecé un chevreuil »), évoquent le bucheronnage comme le travail du luthier, l’art (« L’art est amour, sinon rien. Nul ne témoigne pour la mémoire seule, mais pour le plaisir d’être au monde »), le printemps, l’amour, la révolte aussi, par exemple contre un faux Résistant honoré par le canton à son décès qui suscite la parole violente : « Ce monde est à vomir, et encore ça l’engraisse ».

On l’aura compris, on est loin ici de la poésie ornementale ! L’expression y est ramassée, en voici un exemple en deux phrases : « Quand la passion paraît tarie, un séquestre s’établit. On sent épaissir sa corne intime ». Le questionnement métaphysique y est simple mais pérenne : « entre l’éternité pour le croyant et rien à qui rompt les œillères, qu’est-ce que vivre, sinon s’approprier l’infini particulier d’une éclipse de la mort ? » Et la réponse hédoniste malgré la noirceur de certains poèmes : sur la terre entière, « la plénitude est notre unique raison d’être ».

Michel Baglin



lundi 10 septembre 2018, par Michel Baglin

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Pierre Perrin :
« La porte et autres poèmes »


(96 pages. 10 euros. Editions Possibles. )



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