Elles ? On ne s’en étonnera pas connaissant l’intérêt immodéré – disons tout simplement l’amour ! - que Goffette voue à la gent en jupons. « Presque… » : sans doute parce qu’il les approche sur la pointe des pieds et des mots, les portraiture en les effleurant à peine. Goffette est ici un poète en prose qui, à travers dix récits (répartis en marées haute et basse), procède par touches délicates pour tenter de saisir l’insaisissable. Presqu’îles. Presqu’elles… « Il en est des femmes comme des îles : on ne les aborde jamais aussi facilement qu’en rêve », dit-il.
L’auteur de « La vie promise » embarque pour Cythère avec un collégien qui s’abîme dans les pages anatomiques du Larousse, un passant rêvant devant la vitrine emplie de mannequins, un autre qui se demande comment saisir la beauté d’une femme croisée dans la rue (« Révèler le nu secret, voilà. Le nu que l’intéressée pour sa part ignore… »), un écrivain bien sûr, traçant « le nom sans fin recommencé du désir et de sa proie »…
Du Goffette de la meilleure veine : une écriture charmeuse, pulpeuse, toujours un peu ironique et tendre, moqueuse souvent, et ouvrant parfois, au détour d’une phrase, sur les petits vertiges métaphysiques que l’auteur de « Partance » dissimule à peine dans ses arrière-pays. Car les femmes dont il parle « sont toujours l’ombre qui fait trébucher nos pas, la lumière qui confond nos routes ».
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